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la mesure ou le temps de deux manières, et que l'oreille préoccupée de deux effets qui ont des causes différentes, affectée à la fois de deux unités inégales, n'aperçoit plus cette unité de rhythme qui est aussi essentielle à la symphonie que l'unité de ton et que l'unité de chant, s'il s est vrai qu'en fait de beaux-arts le goût sévère réclame une unité de dessin. Nous avons quelques pièces de musique composées en entier sur ce double rhythme, mais qui présentent plus de difficulté que d'agrément à l'exécution.

Toutefois, quelque difficile que soit ce genre d'exécution à deux mains pour les joueurs de piano, je peux assurer qu'il ne sera pas tel pour mes élèves, parce que je leur enseigne à l'exprimer avec deux baguettes de la manière la plus rigoureuse; mais je les conduis à cette connaissance par l'analyse raisonnée de ces deux coupes du temps, et ce n'est pas sans surprise qu'ils l'exécutent au premier mot d'explication que je leur en donne, lorsque déjà ils l'avaient jugée impossible sur plusieurs essais infructueux que je leur avais prescrit d'en faire. Je ne dirai pas ici ce mot d'explication ; je veux laisser au lecteur, qui m'aura lu avec quelque soin, le isir de le découvrir. Il faut convenir qu'on aurait bien peu à faire pour perfectionner l'écriture reçue selon les principes que nous venons d'établir. Il ne s'agirait point de changer les signes d'intonation, et de substituer des chiffres aux portées; l'écriture que nous avons peut devenir claire et correcte, sans y faire ce grand changement que demandait.J. J. Rousseau. Tout dépend des signes de durée, que j'ai fait voir qu'on peut réduire à trois quand on voudra; signes connus des musiciens, et dont il ne s'agit que de faire un meilleur emploi à l'aide des traits qui doivent les recouvrir et les lier. Que l'on considère que la musique, dite instrumentalej n'est pas fort éloignée de ce degré de perfection, et qu'il est une foule de cas où l'on n'aurait aucune modi-^ fication à y faire. Les mesures à \, par exemple, se trouvent clairement écrites, sauf les cas de syncopes et de silences brefs; les mesures à ~ sont bien écrites aussi, sauf les mêmes circonstances, etc. (i)

Je conviens que la musique vQcale paraît s'é

(i) Il faut avoir soin seulement, quand on place deux ou trois traits l'un sur l'autre, comme dans les doubles et triples croches, de ne pas faire le second trait continu sous le premier, ni le troisième sous le second ; mais ie briser ces traits inférieurs, conformément aux groupes jfiatter davantage de ces principes; mais c'est parce qu'on l'écrit autrement que la musique instrumentale, sans avoir néanmoins aucun bon motif de le faire. Qu'est-il besoin de disjoindre les notes qui appartiennent à un même temps? C'est, dit-on, pour les faire répondre aux syllabes; mais plutôt c'est aux syllabes à se disjoindre pour venir répondre aux diverses notes; et rien n'empêche d'ailleurs de tenir lés notes d'un temps un peu plus écartées, s'il en est besoin, sans cesser de les tenir liées par les traits convenables. Mais, dit-on encore, si plusieurs sons répondent à une seule syllabe, par quoi en -sera-t-on averti? On le sera par le signe d'usage qu'on appelle couléj et qui est un petit arc qui embrasse ces notes. Ainsi, tant qu'on ne verra pas cet arc, chaque note sera pour une syllabe: d'où il résulte qu'il n'est pas même besoin que les syllabes répondent bien verticalement sous chaque note, et qu'il suffit qu'on voie distinctement la première syllabe et la dernière de chaque mesure, car on saura d'avance qu'il doit nécessairement y avoir dans chacune autant de

de sons que chacun est destiné à couvrir. Par exemple, il faut écrire quatre doubles croches ainsi : 1234, et Aon pas ainsi: ia34< J'en ai dit Ici raisons plus haut 1

es que de notes, en île comptant que pouf une seule plusieurs notes couvertes d'un arc. • Quand des améliorations coûtent si peu à faire, pourquoi voudrait-on s'en priver?

Après tout, il faut bien avouer que c'est d'après des principes, d'après cette exacte distribution des sons, que l'on exécute toute musique; et que c'est parce que dans l'écriture reçue elle ne se montre pas toujours clairement aux yeux, que le musicien, même expérimenté, est forcé de s'arrêter devant certains passages pour y rétablir cette distribution rigoureuse qu'il n'y voit pas; que cela arrive surtout dans ces mesures où se rencontrent des silences pointés et entremêlés de sons brefs. Que l'on. réfléchisse encore qu'un instrument ne peut point exécuter, à livre ouvert, une musique vocale un peu travaillée , parce que les signes n'y sont pas groupés comme il convient, mais y sont épars et en désordre, pour répondre, dit-on, aux syllabes; et l'on sera convaincu que la seule figure des notes n'a aucunement la vertu qu'on a cru lui attribuer, de désigner à l'esprit la durée relative des sons, ni encore moins leur durée absolue.

Quant à la notation par chiffres, je crois qu'elle ne répugnerait point aux musiciens vocalistes, parce qu'en peu de jours ils la liraient feussi couramment que l'autre. Maïs elle repu* gnerait sans doute beaucoup aux joueurs d'instrumens, parce que, pour la lire suffisamment vite, ils devraient l'étudier presqu'aussi longtemps qu'ils ont fait la première. Je peux rendre raison de. cette différence : dans l'exécution instrumentale, les signes écrits ont un rapport direct au doigter et même n'en ont pas d'autre à l'esprit du joueur; en sorte que la vue des signes ne fait que provoquer le mouvement des doigts. Cette liaison est fortement établie par une longue pratique ; on la détruirait en entier, si l'on changeait les signes, comme si l'on changeait le doigter de l'instrument. Il n'en est pas de même dans l'exécution vocale; les signes n'appellent les idées que par l'intermède des mots,. et ce sont les idées qui déterminent les inflexions de l'organe vocal. En un mot, nous ne lisons de la voix que par une double traduction du signe visuel au signe oral) et du signe oral à l'idée; au lieu que nous lisons de l'instrument par la liaison directe du signe visuel au doigter, sans le concours de l'idée ni du mot. Si les mots intervenaient dans cette opération, c'est-à-dire, si l'instrument prononçait les mots ut mi— en même-temps qu'il en exprime les sons, il serait alors dan» le même cas que la voix, et

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