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éternelles, et l'harmonie des brises, et les échos , son père immortel : voilà les cinquante filles qui qui répètent les stances de l'Arioste et du Tasse, furent engendrées de Nérée l'irréprochable, et encore aujourd'hui ne font qu'une mer de déli- leurs actions aussi furent sans reproche. » Ces ces. Les chants des néréides n'ont point cessé! noms, au nombre de cinquante, composent On explique ce mythe par l'existence réelle de vingt-cinq vers dans la Théogonie : c'est une quelque prince ami de la paix, débonnaire, qui, période musicale, tant ils ont de mélodie ; leurs par un noble amour de l'humanité seulement, significations toutes maritimes sont charmantes; en faveur du commerce et non de la guerre, les voilà selon l'ordre des noms, elles donneront aurait fait faire un grand pas à l'art naissant une idée du système et du génie poétique des de la navigation, et dont les navigateurs re- | anciens jours. Ces néréides s'appelleraient, en gardaient les conseils comme les oracles d'un français : Celle qui prime, la Tempérée, Celle dieu. L'attitude et les attributs du bon Nérée qui sauve, Celle qui bat la rive, la Généreuse, la étaient modestes comme lui. Il portait néan- Posée, le Sérénité, l'Azurée, la Vague rapide, la moins une robe vert de mer ainsi que le fier Grotte, la Légère, la Fleurissante, la Gracieuse, Neptune, mais il se contentait de la conque d'un la Mielleuse, la Bonne rade, l'Admirable, la triton, espèce de trompette avec laquelle, comme Déesse à tous, l'Aimable, la douce Querelleuse, un berger, il appelait les monstres marins d'un Celle qui donne, la Première, Celle qui soulève, bout de son empire à l'autre : une pierre antique la puissante, l'Insulaire, la Riveraine, la Soile représente ainsi. A peine son culte passa-t-il gneuse, Celle qui fait don, la Lactée, Celle qui dans la grande Grèce : s'il eut chez elle quelques voit tout, la Légère à cheval, l'Intelligente à autels, on ne sache pas qu'il y ait complé un seul | cheval (cela s'entend des chevaux marins), l'Attemple; mais les poetes de l'Ausonie ne l'aban tente des flots, Celle qui apaise les vagues, le donnèrent pas; ils continuèrent à chanter ses ver

Flot, la Rive, le Soin de la mer, l'Héritière ażutus et les délices de son empire. Denne-BARON.

rée, Celle qui traverse la mer, Celle qui parle NÉRÉIDES. Ces filles de Nérée et de Doris avec douceur, Celle qui parle bien, le Soin des étaient au nombre de 50, selon Hésiode, de 30 | peuples, Celle qui a beaucoup, la Science de soi, selon Homère. Apollodore les réduit au petit la Reine qui délie, la douce Brebis, la Sablonnombre de quatre. Nous citerons seulement ici neuse, Celle qui dompte les chevaux, la bonne le dénombrement que fait le poète d'Ascra du Traversée, l'Équitable, la Prévoyante, l'Irréprocheur des Néréides; nous traduirons mot pour chable. Ne dirail-on pas de nos noms pittoresmot cette naïve poésie dont le parfum a traversé ques de vaisseaux? On voit, par ces appellations trente siècles. « Or, de Nérée et de Doris à la de bon augure, quels étaient les offices des belle chevelure, la fille du fleuve Océan si reculé, néréides. Toujours bonnes, toujours riantes, furent engendrées dans la mer stérile les plus elles portaient secours aux victimes du furieux aimables filles parmi les déesses, et Proto, et Neptune. Elles soulevaient les navires engagés Eucrate, et Sao, et Amphitrite, et Eudora, et dans les syrtes, elles les poussaient, elles les Thétis, et Galène, et Glaucé, Cymothoé, et Spio, "tournaient au vent propice, elles soutenaient sur et Thoé, et l'aimable Thalie, et la gracieuse Mé- | les vagues les naufragés, elles détournaient la lité, et Euliméne, et Agavé, et Pasithée, et Erato, proue des écueils. Les matelots grecs tendaient et Eunicé, aux coudes de rose, et Doto, el vers elles leurs bras suppliants; aujourd'hui, Proto, et Pherousa, et Dynamène, et Nésée, et dans les périls, ils lèvent les yeux au ciel et Actée, et Protomédie, Doris et Panope, et la priert, en place de ces profanes saurs, la Pagabelle Galatée, et l'aimable Hippothoé, et Hippo nia, la Toute-Sainte, la vierge Marie. Du miel, du noé aux coudes de rose, et Cymodoce, qui, dans lait et de l'huile, emblème de leur douceur, la mer obscure, avec Cymatolége et avec Am- étaient les offrandes que préféraient ces charphitrite, aux talons charmants, apaise facilement mantes filles; quelquefois, mais rarement, le sang les flots et les haleines des vents impétueux; et d'un chevreau rougissait leurs autels, élevés ordiCymo, et Eione, et Halimède, qui porte une belle nairement au bord des flots, où elles avaient des couronne, et l'enjouée Glauconome, et Ponto- bois sacrés. Pausanias l'historiographe dit, dans poria , et Liagore, et Évagore, et Laomédie, et ses Corinthiaques, avoir vu à Gabala un temple Polynome, et Autonoé, et Lysianossa, et Évarné, célèbre qui leur était consacré. Des reines insud'un si aimable naturel et d'une irréprochable laires ou régnant sur les côtes usurpèrent le titre beauté, et Psamathe, au corps sí gracieux, et la de néréides. On donnait le nom de naïades et divine Ménippé, et Néso, et Eupompe, et Thé- de sirènes à des poissons qui avaient comme un misto, et Pronoé, et Nemertes, qui a l'âme de buste de femme, selon Pline. C'est une espèce de phoque à large et belle poitrine, et qui a des premier et jusqu'à présent le seul auteur qui yeux à peu près semblables aux yeux humains, ait étudié avec précision l'organisation extétrès-grands et très-expressifs. J'en ai vu un vi- rieure des annélides, a reconnu aux annélides vant dans l'eau douce à Paris. Des médailles ro- néréidées : 10 une tête, 20 une trompe ou la maines représentent les néréides, femmes par le bouche, 30 le corps proprement dit et les aphaut et poissons par l'extrémité. En général, / pendices. les monuments antiques nous les offrent jeunes, | La tête consiste en un petit renflement antésouriantes, tenant une branche de corail, riche rieur et supérieur, sans articulation mobile; bouquet des mers que l'air rend semblable à la elle supporte les antennes et les yeux. Les anpourpre, ayant des perles dans les cheveux, et tennes sont de trois sortes et au nombre de cinq: montées sur quelques monstres marins qui, par deux extérieures, deux mitoyennes et une imleurs formes bizarres, contrastent avec leurs paire; elles existent simultanément ou séparégraces de jeunes filles. Quelquefois, elles sont ment. Elles sont plus ou moins rétractiles, et assises sur un dauphin, ou sur un cheval de mer, plus ou moins sensiblement articulées. L'anou sur un taureau à queue de poisson, qu'elles tenne impaire est toujours plus voisine du preflattent de leurs mains blanches. Pline a vu un mier anneau du corps que les deux autres beau bas-relief en marbre, euvre de Scopas, où qui s'en éloignent ou s'en rapprochent plus ou le cheur des filles de Nérée semblaient faire moins. Les yeux, dont le nombre varie de deux écumer les ondes. Sur leurs épaules voltigeait à quatre, sont toujours placés derrière les anordinairement une draperie légère, couleur des tennes, et entre celles-ci et le corps. vagues en repos. Ainsi est vêtue une belle statue La trompe est composée d'un seul anneau ou d'Amphitrite tirée des ruines de la villa Antonin, de deux anneaux distincts; dans l'état de repos en Italie. Cette néréide tient un gouvernail dont elle est retirée dans le corps; mais l'animal, elle presse le dos écailleux d'un monstre marin lorsqu'il veut s'en servir, la fait saillir en la découché paisiblement à ses pieds. Un rostre ou roulant. Cette trompe, qui est charnue, constiéperon de vaisseau sort de la base de cette statue. tue essentiellement la bouche ; elle est presque Quelquefois aussi les filles de Nérée tenaient toujours armée de mâchoires. Tantôt elle est d'une main le trident, de l'autre un dauphin, garnie de tentacules, et tantôt elle est nue. Les ou une victoire, ou une couronne. Les pré- | mâchoires, toujours placées à l'orifice de la cieuses fresques d'Herculanum nous offrent trois trompe, sont au nombre de sept ou de neuf, arde ces divinités subalternes dont l'imagina- ticulées les unes au-dessus des autres, les deux tion riante des Grecs avaient égayé leur archi- rangs étant supportés par une double tige, sans

DENNE-BARON. compter deux pièces plus simples, cornées ou la NÉRÉIDÉES. Nereideæ. Ordre premier de la lèvre inférieure. Les tentacules sont inarticulés, classe des annélides, dans la méthode de Savi- contractiles, épars sur la trompe ou disposés gny (Systèmes des annél., p. 5 et 7) qui lui donne en couronne à son orifice. pour caractères distinctifs : des soies pour la Le corps se divise en anneaux ou segments locomotion; des pieds pourvus de soies rétrac- qui portent chacun une paire de pieds, à latiles subulées; point de soies rétractiles à cro- quelle se trouve communément associée une chets; une tête distincte, munie d'yeux et d'an- paire de branchies. Le premier segment, seul tennes; une trompe protractile presque toujours ou réuni à quelques-uns des suivants, forme armée de mâchoires. Les néréidées différent es- souvent un anneau plus grand que les autres, sentiellement de l'ordre des hirudinées par la plus apparent que la tête, et qu'on a pu facileprésence de soies pour la locomotion; elles par- ment confondre avec elle. Le dernier segment tagent ce caractère avec les serpulées et les lom- offre un anus plissé, tourné en dessus. Les pieds bricines; mais elles se distinguent essentielle- se subdivisent généralement en deux rames : ment de ces deux ordres par l'absence de soies l'une supérieure et dorsale, l'autre inférieure ou rétractiles à crochets et par leur tèle distincte, ventrale; cette distinction n'est pas toujours munie d'yeux et d'antennes. Cet ordre, le plus tellement tranchée qu'il soit facile, dans tous nombreux de la classe des annélides, renferme les cas, de la reconnaître; la rame ventrale est plusieurs familles dont on va présenter le ta- la plus saillante et la mieux organisée pour le bleau, après avoir fait connaître d'une manière mouvement progressif. Un examen plus attentif plus complète les caractères distinctifs qui vien- permet de distinguer à chaque rame deux aunent d'être mentionnés. Savigny, dont il con tres parties : les cirres et les soies. Les cirres vient de suivre la méthode, parce qu'il est le sont des filets lubuleux, subarticulés communes

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ment rétractiles, fort analogues aux antennes; 1 pas peu contribué à faire prendre les premiers ce sont les antennes du corps, comme l'a dit segments du corps pour la tête ou pour une por. ingénieusement Savigny. De même qu'il y a deux tion de la tête. La dernière paire de pieds conrames, il existe deux sortes de cirres : les cirres stitue par une transformation analogue les styles supérieurs ou les cirres de la rame dorsale, et ou longs filets qui accompagnent l'anus, et terles cirres inférieurs ou les cirres de la rame ven- minent ordinairement le corps. Enfin, certaines trale. Les premiers sont constamment plus longs paires de pieds semblent parfois privées de cirque les seconds. Les soies sont des parties très- res supérieurs ; c'est sur les espèces où cette ahimportantes de la rame; elles traversent les fi sence a lieu que se manifeste la présence des élybres de la peau, et pénètrent avec leurs four tres ou écailles dorsales ; appendices propres à reaux dans l'intérieur du corps où sont fixés les une seule famille (les aphrodites), et qui quelmuscles destinés à les recevoir. Savigny les quefois manquent eux-mêmes. nomme soies subulées, sete subulatee, ou sim On a vu qu'à chaque paire de pieds se trouvait plement soies, setæ. Il en distingue deux sortes, communément associée une paire de branchies. les soies proprement dites et les acicules. Les Ces branchies varient beaucoup dans leur étensoies proprement dites (festuca), toujours grê- due et leur configuration. Elles sont distribuées les et nombreuses, sont rassemblées par rangs sur les côtés du corps, une à chaque pied, qui complexes ou par faisceaux qui ont chacun leur quelquefois semble subdivisée en plusieurs augaine propre, et sortent des côtés ou du sommet tres. Elles manquent communément près de la de chaque rame. La rame ventrale n'a commu tête et de l'anus, et toujours elles y sont moins nément qu'un seul de ces rangs ou de ces fais développées qu'au milieu du corps; elles sont ceaux. La rame dorsale en a souvent deux et | aussi plus ou moins rouges dans l'état de vie. Ces quelquefois davantage. Quant à la forme parti- branchies ne sont pas toujours distinctes : quelculière des soies, elles sont cylindriques ou pris quefois les vaisseaux semblent pénétrer dans les matiques, aplaties, droites ou légèrement cour cirres et les convertir en organes respiratoires; bées, et presque toujours rétrécies sensiblement quelquefois ils s'arrêtent et rampent à la base de la base au sommet; vers le sommet, quelques des rames. Savigny ne s'est guère occupé que de unes ont une petitedent et paraissent fourchues, l'organisation extérieure de ces animaux. Blaind'autres sont légèrement dilatées et garnies d'as- ville a présenté quelques observations sur leur pérités : il y en a même qui ont la pointe réflé- anatomie. L'esophage est assez étroit; il reçoit chie, ou courbée ou torse, surmontée d'une arète l'insertion de deux sortes de glandes salivaires asou d'une petite lame mobile; toutefois la plupart sez longues, un peu entortillées. L'estomac est l'ont droite et simplement aigué. Il est rare que large, quelquefois rétréci et comme étrangle leur intérieur soit fistuleux: presque toutes sont vers la jonction de chaque segment, de manière solides, fermes et roides; cependant, il en existe à constituer autant de lacunes. La circulation lui qui sont fines et flexibles comme les cheveux. a paru très-simple. Il croit qu'il existe une veine Les acicules (aciculi) sont des soies plus grosses ventrale recevant le sang qui vient des branque les autres, droites, coniques, très-aigués, chies, et le versant dans une artère dorsale, dont contenues dans un fourreau dont l'orifice parti- il est chassé et refoulé dans toutes les parties du culier se reconnaît à sa saillie. Les acicules se corps. Il ne dit pas comment le sang qui a servi distinguent encore par leur couleur brune, noire à la nutrition revient aux branchjes. Les ovaires ou différente de celle des autres soies auxquelles consisteraient, selon lui, en utricules blanchâils sont associés. Quelques genres en manquent, tres granuleuses, qui se trouvent aux côtés de et quand ils existent, on en trouve rarement j chaque anneau, entre les cæcums de l'estomac, plus d'un à chaque rame ou à chaque faisceau et qui ont leur orifice à la base des appendices; principal. Celui de la rame ventrale est con- le système nerveux est un long filet étendu de la stamment le plus fort. Telle est la composition tête à l'extrémité postérieure du corps, et préque Savigny a su, par une étude approfondie, sentant, dans certaines espèces, autant de renreconnaître aux pieds des néréidées. Il dit en- flements ganglionnaires qu'il y a d'animaux. suite que la première paire de pieds et une, deux Les néréidées jouissent de la propriété de vivre ou même trois des suivantes, manquent souvent lorsqu'on leur a enlevé une portion de l'extréde soies et ne conservent que leurs cirres qui, mité postérieure du corps, et de reproduire les d'ordinaire, acquièrent alors plus de développe- parties qu'ils ont perdues; ce sont des annélides ment, et constituent ce qu'il nomme cirres ten agiles, carnassières, et destinées plus spécialetaculaires; la forme des cirres tentaculaires n'a ment que les autres à la vie errante.

Savigny partage l'ordre des néréidées en plu- | cher et s'unir à la moelle épinière ou au cerveau. sieurs familles, et le divise de la manière sui- | Mais le côté vraiment merveilleux de cette disvante :

position des nerfs, c'est qu'un si petit nombre of Branchies en forme de petites crètes, ou de d'instruments accomplissent tant d'actes diverpetites lames simples, ou de languettes, ou de sifiés, conservent constamment dans leurs foncfilets pectinés tout au plus d'un côté; quelque- tions l'ordre le plus parfait. Ils ont beau s'éparfois ne faisant point saillie et pouvant passer piller dans des organes souvent dissemblables, pour absolument nulles. Des acicules.

beau s'unir entre eux et s'entreméler jusqu'à la Familles : les APHRODITES, les NÉRÉIDES, les confusion avec les filets d'autres nerfs; bien qu'il EUNICES.

paraisse exister dans leurs mailles mystérieuses ** Branchies en forme de feuilles très-com-un courant pour la sensation et un courant pour pliquées, ou de houppes, ou d'arbuscules très- les mouvements volontaires, on ne voit jamais rameux, toujours grandes et très-apparentes. ni désordre ni incertitude dans tant d'actes et de Point d'acicules.

rapports partout si compliqués. La soudaineté Famille : les AMPHINOMES.

et la précision , voilà les principaux caractères NERFS, SYSTÈME NERVEUX. Les nerfs sont les des actes nerveux. Si maintenant vous demandez organes du sentiment. Ce sont des cordons blan- de quelle nature est ce commerce universel des châtres, mous et pulpeux, qui se répandent et se nerfs avec les organes et des nerfs entre eux, ramifient dans chaque partie du corps, et qui sans doute on devra répondre avec la réserve tiennent attachés à la moelle épinière ou au cer- commandée par un tel sujet. Cependant, pour veau. Quand on réfléchit qu'il n'y a pour tout le être moins manifeste, le but de toutes ces concorps humain que 42 paires de nerfs, et qu'en-nexions des nerfs et du cerveau n'en est pas suite on envisage à combien de fonctions ces moins concevable. Outre les sensations et l'innerfs président, combien d'organes ils tiennent telligence, dont le système nerveux fournit seul enchainés pour n'en former qu'un tout, qu'un tous les instruments; outre les mouvements, individu, dans l'impossibilité où l'on est de pé. dont il est l'excitateur; outre la volonté, dont nétrer les secrets de la nature, on se borne à ad- lui seul transmet les ordres; outre les expresmirer sa puissance. Quatre-vingt-quatre nerfs! sions qu'il prête aux passions et à la pensée, en et ce nombre suffit à toutes les sensations comme sollicitant la parole, les gestes et la physionomie, à tous les mouvements; et c'en est assez pour outre ces différentes altributions des nerfs, il mettre en jeu toutes les fonctions, pour donner faut bien que quelque chose tienne tous les orl'unité et l'harmonie à des rouages innombrables; ganes enchaînés les uns aux autres, pour que de assez, dis-je, pour éclairer l'intelligence et pour tant de parties diversifiées résulte un ensemble obéir à tous les commandements de la volonté; individuel où tout conspire au méme but, où assez pour établir un juste accord entre le phy- tout tend à l'unité. Or, ce que nous savons des sique et le moral de l'homme, et pour mettre nerfs nous les montre propres à celle grande l'homme lui-même en communication avec l'u- | destination, dont tous les autres organes panivers ! — Encore, de ces 42 paires de nerfs, y raissent formellement incapables.-Disons touteen a-t-il quatre paires pour l'æil, pour l'ail et fois qu'indépendamment de ces 84 nerfs qui s'uses muscles ; trois presque entières pour la lan- nissent au cerveau ou à la moelle épinière, il gue, deux pour les muscles el pour la peau de la existe au dedans de nous un autre grand nerf face, deux autres pour les sens de l'ouïe et de très-complexe, qui porte le nom de grand syml'odorat; en tout, dix paires pour la tête, ce qui pathique. Ce dernier nerf est plus grand , plus réduit à 32 paires ou à 64 le nombre des nerfs compliqué dans ses ramifications, moins blanc destinés au reste du corps. Nous remarquons à et moins nacré, plus noueux, plus plexueux, et celte occasion que le nombre des nerfs paraît aussi plus irrégulier que les autres nerfs. Il est plutôt proportionné à l'énergie des mouvements en outre plus insensible qu'eux, et ses nombreux qu'à la vivacité des sensations : ainsi, le nez et filets, partout joints aux leurs, se répandent l'oreille, qui sont immobiles, n'en ont qu'une presque exclusivement autour des artères, et, paire chacun ; et les yeux, sur les 8 nerfs qu'ils avec elle et par leur moyen, dans ceux de nos reçoivent, n'en gardent que deux pour la sensa- organes sur lesquels la volonté ne paraît avoir tion de la vue. Ces 84 nerfs se subdivisent en aucun empire. On sait que ce nerf communique des milliers de filets nerveux, dont le vaste réseau dans le crâne, autour de l'artère carotide inembrasse le corps, après l'avoir de toute part terne, avec des filets échappés de la 5e et de la pénétré, et tous ces troncs nerveux vont s'atta- ! 6e paires des nerfs cérébraux; on sait qu'au bas

du tronc il s'anastomose en arcade avec ses pro-, en paraît être le foyer essentiel ou principe vital. pres rameaux, tandis que le cerveau s'interpose - Il est bien probable que c'est au moyen de ce entre ses premiers filets supérieurs. Ces anasto- nerf que nous ressentons le besoin d'aliment, moses si singulières nous aident à expliquer les impressions de la faim et de la soif, le sentipourquoi les maux des yeux et du cerveau don ment pénible de certains mouvements internes nent lieu à des vomissements et font perdre et de beaucoup de douleurs , telles que les colil'appétit, et pourquoi les maladies du foie et du ques, les nausées, les spasmes hystériques, etc. ventre produisent des maux de tête, la migraine, – Nous sommes un peu plus savants quant aux la tristesse et l'hypochondrie. Tissot surtout a 84 nerfs qui viennent du cerveau ou de la moelle fait à ce sujet des supputations à perte de vue. épinière. Voici ce que nous savons d'essentiel à Le principal renflement du nerf grand sympa- leur sujet : 1° tous sont constants dans tous les thique, autrement dit le ganglion semi-lunaire, hommes, et toujours parfaitement réguliers et est placé dans le ventre au-dessous du dia symétriquement disposés à droite et à gauche. phragme, et les filets qui émanent de ce renfle 2o Certains, comme l'optique, l'auditif et l'olfacment s'unissent et concourent à plusieurs autres tif, ne servent qu'à la vue, à l'ouïe et à l'odorat; renflements des ganglions, ainsi qu'à de nom mais ceux qui servent au gout et au toucher breux entrelacements nommés plexus. Tel pa sont en même temps excitateurs du mouvement. raît être le point central de ce nerf, et c'est dans Tout ce qu'on a dit des nerfs de la sensation, le lieu même qu'il occupe que se font sentir les qu'on prétendait être distincts de ceux du mouvives impressions de la crainte, du désir et de vement volontaire, est purement hypothétique. l'espérance. Le grand sympathique lui-même Tous les nerfs de l'échine, la racine postérieure forme, depuis la tête jusqu'aux coccix, une mul- comme l'antérieure, se distribuent également titude de plexus et 24 ganglions ou petits cer- dans les muscles et dans la peau. 3° Ceux veaux, Voilà tout ce qu'on sait de ce nerf. Mais s'unissent au cerveau sont croisés, je veux dire on ne connait précisément ni sa nature, ni saque le nerf du côté droit provient du côté gaupremière origine, ni ses maladies, ni ses usages. che du cerveau, et réciproquement. Il en résulte On a fait à son occasion beaucoup plus d'hypo que si le côté droit du cerveau est malade, ce thèses qu'il n'a de ganglions. Si je m'abandon | sont les nerfs qui vont au côté gauche du corps nais à mon tour à faire des conjectures sur ce qui sont affaiblis, irrités ou paralysés : coup de grand réseau nerveux, j'oserais envisager cet sang à gauche, paralysie à droite, et vice versa. ensemble d'anneaux étroitement unis qui le com- 40 Les nerfs sont les premiers formés, les preposent comme le moyen autant que l'image du miers accrus des orgenes; ils sont aussi les premutuel enchainement des organes, recevant de miers à s'affaiblir. 50 Piquez un nerf, irritez-en ses nerfs et agissant hors du domaine de la la pulpe, aussitôt surviendront des convulsions volonté. Puisque, après avoir soigneusement dans les muscles où s'en distribuent les rameaux. énuméré les viscères dont la solidaire action La même chose se remarque mêmedans un tron. constitue notre existence animale, je trouve con séparé du corps. En portant le bistouri sur parité de nombre entre eux, et les renflements le trajet des nerfs d'un membre qui vient d'être du grand sympathique, je m'autorise de cela amputé, vous verrez des convulsions effrayantes pour conclure que chacun de ces rentlements dans tout le membre séparé : c'est un phéno. est un centre d'action, ayant le gouverne-mène qui fait frémir. A la même cause doivent ment exclusif d'un de ces viscères; et je vois être attribuées les conyulsions et les grimaces de dans l'ensemble de ces rentlements, le lien certains guillotinés. Le docteur Sue eut la stumerveilleux, par qui, de tant d'actes diver pidité de conclure de pareils faits que les supsifiés, résulte le tout parfait de la vie. Obser- pliciés souffrent encore après leur détroncation. vant ensuite les connexions de ce nerf avec ceux Le cæur continue de palpiter quelques instants de l'épine et du cerveau , je n'hésite plus à le après avoir été séparé d'un corps plein de vie, croire l'agent le plus puissant de ces phéno. et pourtant le cour est parfaitement insensible. mènes de concomitance qu'on nomme sympa- | M. Richerand s'en est assuré dans une opération thies, et je le mets de moitié dans ceux des actes mémorable autant que malheureuse. Harvey fit vitaux qui n'ont point la volonté pour seul mo toucher à Charles ser un caur mis à nu par une bile ni la pensée pour objet. Je lui attribue sans / carie du sternum, et le jeune lord qui consentit hésiter l'association des actes de pur instinct à cette épreuve n'accusa aucune douleur. C'est avec ceux dont nous avons la conscience; et, qu'en effet, des contractions et des mouvements plaçant au cerveau le siège de l'âme, lui-même I convulsifs ne sont pas des preuves irrécusables

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