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Il paraît que les exemplaires de ce dernier ouvrage étaient trèsrares; M. Rocafuerte, le chargé d'affaires du Mexique à Londres, a eu l'idée de le faire abréger, et en a chargé don Pablo de Mendibil. Si l'on en juge par les éloges que lui donne son abréviateur, Bustamente est un écrivain d'une grande imagination, d'une parfaite bonne foi, et d'une impartialité d'autant plus estimable qu'elle s'allie à un amour passionné de la liberté et des principes qui ont amené l'émancipation de sa patrie.

Dans ses lettres, Bustamente n'a suivi la révolution que jusqu'à l'année 1819. Don Pablo de Mendibil s'arrète là aussi. Il a divisé son résumé en quatre livres. Lezer contient une introduction sur l'état du Mexique en 1808, et le tableau des premiers mouvemens insurrectionnels jusqu'à l'installation de la junte de Zelacuaro, après la mort du prêtre Hidalgo et de ses principaux compagnons. Le 2° livre comprend les premières opérations du prêtre Morelos, et de ses lieutenans Galéanas, Bravo, Matamoros, la formation du congrès de Chilpat Ziugo, le généralat suprême de Morelos, l'expédition contre Valladolid , et la déroute de Puruaran. Dans le 3e livre, il raconte les malheurs des patriotes jusqu'à la mort de Morelos, les efforts de Rayou et de ses frères pour ranimer la révolution, les exploits du général Guerrero, les dissentions toujours croissantes entre les chefs, la dissolution du congrès de Tehuacan, la reddition des principales forteresses, et la ruine des insurgés. Dans le 4e sont exposés avec détail le succès de la province de la Vera-Cruz, et la glorieuse campagne du général Victoria, l'essai du gouvernement indépendant à Jaujilla, l'expédition du jeune Mina et sa fin déplorable, et enfin le complet abattement de la cause nationale vers le milieu de l'année 1819. (Le Globe ; 22 mars 1828, pag. 288.) 224. MÉMOIRES HISTORIQUES DE B. F. MAHÉ DE LA BOURDONNAIS,

gouverneur des îles de France et de Bourbon; recueillis et publié par son petit-fils; ornés du portrait de l'auteur. In-8° de 23 flles ; prix, 6 fr. Paris, 1827; Pélicier.

MÉLANGES.

225. MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES de M. Malte.

Brun; recueillis et mis en ordre par M. J. Nachet. 3 vol. in-8°; prix, 18 fr. Paris, 1828; Aimé-André.

La réputation bien méritée que feu Malte-Brun s'était faite par ses connaissances profondes et variées dans toutes les parties des sciences historiques, le rang qu'il avait légitimement pris parmi les plus savans géographes de notre époque, ont rendu sa mort très-digne de regrets, et ses nombreux amis n'ont rien négligé pour l'honneur de sa mémoire. L'ouvrage que nous annonçons en est aussi un témoignage, et il fait à lui seul l'éloge des sentimens qui ont porté M. Nachet à composer et à publier les Mélanges qui viennent de paraître. Ils sont un choix des principaux articles sur la littérature, la géographie et l'histoire, insérés par Malte-Brun dans les recueils scientifiques et dans les journaux littéraires auxquels il prêtait le concours de sa plume et de son érudition. Les principales divisions des 3 volumes concernent la géographie et les voyages , la littérature comparée, l'histoire de divers temps et de divers lieux : les Variétés scientifiques complètent la collection. Les sujets de la première division sont relatifs, soit à des contrées célèbres considérées dans la généralité de leur histoire et de leur géographie, soit à des points spéciaux de ce même ordre, et les notions nouvelles que Malte-Brun répand sur ces sujets, ne peuvent que donner beaucoup d'intérêt et une utilité réelle à ses discours, où les discussions géographiques se trouvent accompagnées d'aperçus ingénieux sur les mæurs et les usages de la contrée dont il parle avec sa science accoutumée. Le 2° volume, entièrement consacré aux payages, donne l'analyse eritique. d'une foule de productions nouvelles qui ont déjà pris leur place dans l'estime publique, et dont l'examen par Malte-Brun est quelquefois un utile commentaire.

Le 3° volume de ses Mélanges, celui qui doit nous intéresser - le plus, est spécialement relatif à la littérature et à l'histoire; la numismatique, les ouvrages de plusieurs écrivains célèbres de l'antiquité grecque ou latine, ou dans la littérature moderne des diverses régions de l'Europe, certaines institutions des peu-. ples connus, leur mythologie et leurs grands hommes, des

phénomènes physiques extraordinaires passent successivement sous les yeux du lecteur; et des aperçus remarquables, soit sur les langues en général, leurs origines et leur consanguinité, soit sur quelques idiomes particuliers, ajoutent de l'intérêt à ces tableaux variés, où l'on trouve une lecture à la fois agréable et instructive. Nous pouvons donc, avec toute confiance, recommander cet ouvrage aux hommes du monde comme aux hommes de lettres et aux savans : leur suffrage ne peut manquer de confirmer notre jugement.

C. F. 226. MÉMOIRES DU VÉNITIEN J. Casanova de Seingalt, extraits

de ses manuscrits originaux; publiés en Allemagne par G. De Schutz. Tom. I-VII, in-12. Paris, 1825-1827; TournachonMolin.

Né à Vienne, en 1925, d'une famille originaire d'Espagne, Casanova pendant toute la durée de sa vie n'appartint, en quelque sorte, à aucune nation. Sa carrière errante et aventureuse l'a fait connaître de tous les pays de l'Europe, et la signalé comme un des êtres les plus extraordinaires que la nature ait jamais formés. Doué d'une force physique, et surtout d'une force intellectuelle peu commune, il aurait pu se placer parmi les plus grands génies de son siècle, et en être un des bienfaiteurs; mais, victime de ses sens, comme il le dit lui-même (p. 2 de l'avant-propos de ses mémoires), il se plut à s'égarer, vécut dans l'erreur, et sa seule consolation fut de savoir qu'il se trompait. Ses mémoires, qu'il a écrits en 1797, à l'âge de 72 ans, ont tout l'intérêt des Aventures de Gilblas de Santillane et de celles de Gusman d'Alfarache; mais à côté de cet intérêt, qui seul suffirait pour les faire rechercher des gens du monde, se trouve un autre mérite que l'on apprécie surtout de nos jours : ils peignent parfaitement l'état de la société à l'époque où il vivait. Ce n'est pas sa faute si le tableau n'est pas flatteur. Une grande leçon morale doit ressortir aussi de la lecture de ces mémoires ; mais les lecteurs la déduiront eux-mêmes, car ils ne la trouveront guère dans les principes de l'auteur, qui assure (p. 1re de l'avant-propos), que souvent il s'est vu au comble de la félicité parcequ'il avait commis une extravagance qui aurait dû le précipiter dans un abîme de maux, et qu'il vit souvent fondre sur lui des malheurs que lui attirait une conduite dietée par la sa

gesse. Une grande partie de sa vie fut' occupée à faire des dupes, et lui-même avoue qu'il ne se fit jamais scrupule de tout employer pour faire tomber dans ses filets les sots et les fripons dont il avait besoin (p. 3 de l'avant-propos). On lui pardonnerait volontiers les derniers; mais, s'il faut ranger dans la classe des premiers tous ceux qui se laissèrent tromper par lui, il ne sera plus aussi excusable, car il est des hommes qui, même à ce prix, aimeraient encore mieux être dupes que fripons. Cependant, il prétend à l'amitié, à l'estime et à la reconnaissance de ses lecteurs; mais il les met, à la vérité, à un prix qui les rend moins difficiles à obtenir. Il croit avoir mérité leur reconnaissance si la lecture de ses mémoires les a instruits et égayés, leur estime si, lui rendant justice, ils le trouvent riche en bonnes qualités et en défauts, leur amitié enfin, par la franchise avec laquelle il se soumet à leur jugement, sans rien déguiser (p. 8 de l'avant-propos). A ce titre, mais à ce titre seul, ces 3 sentimens lui sont acquis de notre part. · Nous avons dit que Casanova écrivit ses mémoires à l'âge de 72 ans. Il était alors retiré en Bohême, au château de Dux, près de Toplitz, chez le comte de Waldstein , dont il était devenu le bibliothécaire, n'ayant rien conservé de sa fortune, qu'il avait faite , défaite et refaite 20 fois dans sa vie. Le prince de Ligne, oncle du comte de Waldstein , eut alors occasion de le voir, et il a laissé sur cet homme célèbre, devenu d'une humeur bizarre et très-irascible sur la fin de ses jours, un fragment que l'on trouve dans le tome XV de ses oeuvres imprimées à Vienne, en 1807, et qui a été reproduit par les éditeurs du choix en 4 vol. in-8° qui vient d'être publié à Paris. (Voy. le Bulletin , cah. de juin dernier, p. 471). Nous engageons les lecteurs à rechercher, dans l'une des sources que nous venons d'indiquer, ce morceau qui porte le cachet de son spirituel auteur, et que nous aurions reproduit ici sans la crainte de dépasser les limites que nous sommes obligés de nous prescrire.

Il est temps de dire un mot sur l'authenticité de ces mémoires. Nous aurions voulu qu'elle nous fût garantie par l'éditeur allemand ou par le traducteur français; mais ni l'un nì l'autre ne nous apprend même dans quelle langue ils ont été originairement écrits. Tout ce que nous dit M. Schütz à leur sujet, c'est que Casanova paraît avoir été très-peu communicatif et avoir tou

jours gardé le plus profond secret sur sa relation écrite, quoique long-temps auparavant il eût raconté dans plusieurs cercles une partie des aventures étonnantes et originales qu'elle renferme. Le prince de Ligne, dit-on, eut communication du manuscrit de l'auteur, qui l'avait confié au comte de Waldstein, et il assure n'avoir publié le fragment dont nous venons de parler que pour arracher à l'oubli des souvenirs que l'on pouvait craindre de voir perdus pour la postérité. Des grands , des hommes de distinction ont fait de vaines tentatives pour amener la publication de ces mémoires; le comte Marcolini, mort à Dresde ministre d'état, offrit même, dit-on, une somme considérable aux héritiers de l'auteur, pour les déterminer à les livrer à l'impression ; mais tous ses efforts furent inutiles.

Maintenant, comment et par qui l'éditeur allemand a-t-il eu communication de ces mémoires, qu'il paraît s'être appliqué à reproduire dans toute leur intégrité ? il nous laisse dans la plus parfaite ignorance à cet égard. Seulement, nous voyons par un passage de sa préface (p. iij), qu'il a réellement eu entre les mains le manuscrit de Casanova ; ce dont, au reste, on ne saurait douter, car il serait impossible de se substituer à ce point à un homme aussi extraordinaire que le fut le héros de ces mémoires. Dans le passage dont nous parlons, l'éditeur allemand nous donne même les 2 titres qui se trouvaient en tête du mamuscrit de l'auteur, et qui prouveraient qu'il n'était pas encore bien décidé lui-même s'il devait les publier dans leur intégrité, ou n'en livrer au public que des fragmens. Revenu en partie de şes erreurs sur la fin de ses jours, il pouvait hésiter, en effet, à donner le scandale d'une vie fort peu exemplaire, et qu'on aitrait dû, peut-être même , laisser dans l'oubli, dans l'intérêt de la morale, si les mémoires de Casanova ne recevaient un intérêt historique assez grand des relations qu'il a eues avec les personnages les plus marquans de son époque. L'éditeur pousse l'attention jusqu'à nous donner l'étendue et la division du manuscrit de Casanova, composé, dit-il, de boo feuilles divisées soigneusement en 10 volumes , et ceux-ci en chapitres. Il ne nous reste donc qu'à exprimer de nouveau le regret qu'il nous ait laissé ignorer dans quelle langue ce manuscrit a été primitivement écrit par l'auteur. Il serait assez singulier que Casanova eût employé la langue française , qui lui était aussi familière que

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