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Un arrêté du gouvernement provisoire substitue le 13 avril.

pavillon blanc et la cocarde blanche au pavilion et à la
· cocarde tricolores (V. le 9). •
Un décret du sénat confère le gouvernement provi-
soire de la France au comte d'Artois, sous le titre de
lieutenant général du royaume, en attendant que
Louis-Stanislas-Xavier de France, appelé au trône
des Français, ait accepté la Charte constitutionnelle
(V. le 6). o
Le trésorier général de la couronne, baron Labouil-
lerie, rapporte, de Blois à Paris, une somme d'environ
soixante millions, tant en espèces qu'en vaisselle et
pierreries, savoir : quatorze millions en pièces d'or de
quarante et de vingt francs, environ quarante millions
en diamans, et environ quatre millions en vaisselle.
L'abbé Louis, chargé du ministère des finances , se
rend aussitôt au château des Tuileries, et représente
que ces valeurs ne sont pas la propriété de l'ex-em-
pereur, mais celle de l'état; il insiste pour que les
quatorze millions en or soient réintégrés dans le tré-
sor et employés aux besoins du service public, qui
est au moment de manquer; mais les hommes de l'an-
cien régime ont jugé que ces fonds appartiennent à
Napoléon; ils en ont prononcé la confiscation et se

14 avril.

15 avril.

partagent les espèces, comme juste indemnité des .

pertes que la révolution leur a causées. L'abbé Louis ayant prouvé à S. A. R. Monsieur, comte d'Artois, investi de la lieutenance générale du royaume, que les fonds remis par M. Labouillerie appartenaient à l'état, ce prince ordonne qu'ils soient transportés au trésor royal et employés au service public : M. l'abbé Louis y fait conduire onze millions ; les courtisans s'étaient déjà partagé en peu d'instans une somme de trois millions.

16 avril.

16-17 avril.

Une convention est signée à Schiarino-Rizzino (près de Mantoue), entre le prince Eugène Beauharnais, vice-roi d'Italie, et le général autrichien, Bellegarde. Les troupes françaises rentreront dans les limites de l'ancienne France. Les troupes italiennes continueront d'occuper tous les pays qui ne sont pas au pouvoir des souverains alliés.

L'armée franco-italienne a contenu, jusqu'à ce jour, l'armée autrichienne, malgré la défection de Murat (V. 6, 11 janvier), le soulèvement des peuples de la moyenne Italie, et les débarquemens opérés par les Anglais sur les côtes de la Méditerranée. Les jours suivans, les divisions françaises se mettent en marche vers leur patrie; elles sont fortes de quarante mille hommes, dont vingt-cinq mille sous les armes, avec trois cent soixante pièces d'artillerie.

L'empereur d'Autriche (François I".) a une entrevue au Petit-Trianon avec l'impératrice (Marie-Louise) sa fille. Le départ de cette princesse pour Vienne y est déterminé.

Une mission est donnée à M. de Maubreuil, qui a fait éclater, dans les premiers jours de ce mois, le plus violent enthousiasme en faveur de la cause royale;

' , il reçoit les autorisations et les ordres dont la teneur

suit : « Ministère de la police générale. Il est ordon» né à toutes les autorités chargées de la police géné» rale de France, aux préfets, commissaires généraux, » spéciaux et autres, d'obéir aux ordres que M. de » Maubreuil leur donnera, de faire et d'exécuter à » l'instant même tout ce qu'il prescrira, M. de Mau» breuil étant chargé d'une mission secrète de la plus » haute importance. Le commissaire provisoire au dé» partement de la police générale, signé Anglès. Paris,

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16 avril 1814. » — « Ministère de la guerre. Il est ordonné à toutes les autorités militaires d'obéir aux ordres qui leur seront donnés par M. de Maubreuil, lequel est autorisé à les requérir et à en disposer selon qu'il jugera convenable. MM. les commandans de corps veilleront à ce que les troupes soient mises sur-le-champ à sa disposition, et qu'il n'éprouve aucun retard pour l'exécution des ordres dont il est chargé. Le commissaire provisoire au département

· de la guerre, signé le général comte Dupont. Paris,

16 avril 1814. » — « Direction générale des postes et relais de France. Le directeur général des postés ordonne aux maîtres de postes de fournir, à l'instant, à M. de Maubreuil, chargé d'une importante mission, la quantité de chevaux qui lui sera nécessaire, et de veiller à ce qu'il n'éprouve aucun retard pour l'exécution des ordres dont il est chargé, signé Bourrienne. Hôtel des postes, Paris, 17 avril 1814. P. S. Le directeur général ordonne aux maîtres de postes de veiller, avec le plus grand soin, à ce que le nombre de chevaux demandé par M. de Maubreuil lui soit donné avant et de préférence à qui que ce soit, et qu'il n'éprouve aucun retard. » — « Traduction littérale de l'ordre du général Sacken. M. le général de Maubreuil étant chargé d'une haute mission d'une très-grande importance, pour laquelle il .

, est autorisé à requérir les troupes de S. M. impé

riale, M. le général en chef de l'infanterie russe, baron de Sacken, ordonne aux commandans des troupes de les remettre à sa disposition, pour l'exécution de sa mission, dès qu'il le demandera. Le général en chef de l'infanterie russe, gouverneur de Paris, signé baron de Sacken. Paris,817 avril 1814. » —

« Traduction littérale de l'ordre du général prussien.

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» M. le général de Maubreuil étant autorisé à parcourir » la France pour des affaires d'une très-grande im» portance, et pour l'exécution de très-hautes missions, » il est possible qu'il ait besoin de requérir les troupes » des hautes puissances ;. en conséquence, et suivant » l'ordre de M. le général en chef de l'infanterie russe, » baron Sacken, il est ordonné à MM. les comman» dans des troupes alliées de lui prêter main-forte sur » sa demande, pour l'exécution de ces hautes missions. » Le général-major, signé baron de Brokenhausen. » Paris , 17 avril 1814. » " Au retour de son expédition, M. de Maubreuil sera arrêté, et subira de longues poursuites judiciaires ; condamné à plusieurs années d'emprisonnement, il s'évadera des prisons de Douai (évasion qui donnera lieu à une foule de conjectures), et se réfugiera en Angleterre, où il publiera un mémoire (intitulé : . Adresse au congrès de Vienne) explicatif, dira-t-il, de la mission qui lui aurait été donnée : il affirmera, dans ce mémoire, qu'il avait ordre d'assassiner l'exempereur et son fils , qu'il ne s'est chargé de cette commission que pour sauver leurs jours, empêchant de cette manière qu'elle ne fût confiée à des personnes capables d'exécuter un tel crime ; il lancera les plus graves inculpations contre MM. le prince de Bénévent . (Talleyrand), le général Dupont, Bourienne, RouxLaborie, etc. ; contre MM. de Sémallé, de Vitrolles, qu'il accusera d'avoir détourné l'argent et les pierreries enlevés par lui à la princesse de Wirtemberg, reine de Westphalie; argent et pierreries que M. de Maubreuil assurera avoir rapportés aux Tuileries, etc. Mais quelle créance peut-on accorder à de telles inculpations ? quelle confiance peut-on avoir dans les déclarations d'un homme qui aurait pu accepter une

mission semblable à celle dont il prétend avoir été chargé ? Nota. Un pêcheur de goujons, en tendant ses lignes dans la Seine, au pont de Louis XVI, retirera de l'eau un peigne de diamans ; les recherches faites aussitôt dans ces lieux produiront la découverte des diamans qu'on dit avoir été enlevés à la reine de Westphalie; mais lesjoailliers reconnaîtront que toutes ces pierres sont fausses, en sorte que cette pêche merveilleuse aura été de nulle valeur.

· Le maréchal Soult, qui a établi sa brave armée sur les limites des départemens de la Haute-Garonne, de l'Aude et de l'Ariége, conclut avec Wellington un armistice entre les armées françaises des Pyrénées e l'armée anglo-espagnole.

Napoléon part de Fontainebleau pour l'île d'Elbe , sa résidence future, suivant le traité de Paris du 11. On lui a refusé la satisfaction de voir sa femme et son fils ! Au moment du départ, il harangue un groupe de ses anciens soldats. « Mes braves amis, je vous quitte ; les puissances coalisées ont armé contre moi l'univers entier, mon armée même ; vous seuls m'êtes restés fidèles ; avec vous, je pourrais encore faire la guerre pendant trois ans ; je pourrais déchirer la France par des guerres civiles, mais j'ai préféré les intérêts de notre patrie à mon propre sort ; j'aurais pu mourir, rien n'était plus facile ; mais j'ai dû vivre pour écrire ce que nous avons fait. Vos exploits, braves guerriers, ne doivent pas être ensevelis dans l'oubli; je vous ai toujours trouvés dans le chemin de l'honneur et de la gloire; toujours vous m'avez été fidèles; soyez-le de même aux intérêts de notre chère patrie. Elle a bien souffert ! mais les destins de la France viendront à

18 avrit.

2o avril.

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