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A l'Histoire , à la Philosophie, aux Sciences, à la Littérature

et aux Langues des Peuples Orientaux ;
Rédigé par MM. CHÉZY, COQUEBERT DE MONTBRET,

DEGÉRANDO, -FAURIEL, - GARCIN DE TASSY, GRAN-
GERET DE LAGRANGE, HASE,

KLAPROTI , - Raoul-
ABEL - RÉMUSAT , SAINT - MARTIN,
-SILVESTRE DE Sacy, et autres Académiciens et Pro-
fesseurs français et étrangers ;

ROCHETTE,

ET PUBLIÉ

PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE.

TOME XI.

PARIS,
A LA LIBRAIRIE ORIENTALE DE DONDEY-DUPRÉ PÈRE ET FILS,

IMP-LIB. ET MEMB. DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE DE PARIS,
Lib. de la Soc. Roy. Asiąt. de la Grande-Bretagne et d'Irlande, sur le Continent,
HVL RICHELIEU, NO 47 bis , ET BUR SAINT-LOUIS, No 46.

1827.

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Histoires des guerres des croisades, sous le règne de

Bibars , sultan d'Egypte, d'après les auteurs arabes, par M. REINAUD (1).

§ LXXXVIII. Avènement du sultan Bibars. Sa politique

envers les chrétiens.

An 659 (1260). Le sultan Kotouz, après sa victoire, s'était empressé de rétablir les choses dans leur ancien état. Il avait enfin repris le chemin de l'Égypte, lorsqu'arrivé aux sables qui la bornent du côté de la Syrie, il fut assassiné dans un endroit écarté. Ce meurtre fut l'ouvrage de Bibars-Bondocdar, le même qui ayait déjà trempé ses mains dans le sang de Touranschah. Ce qui le porta à cette action, c'est qu'il avait demandé le gouvernement d'Alep, et que le sultan le lui avait refusé.

Abou'lféda rapporte qu'après l'assassinat, Bibars et ses complices s'étant présentés, les mains encore degouttantes de sang, au chef des émirs, celui-ci demanda qui avait 'commis le meurtre : « C'est moi, dit Bibars. En ce cas, répondit le chef des émirs,

(1) C'est ici un nouveau fragment du travail que M. Reinaud a fait sur toute la durée des croisades, et qui doit paraitre à la suite de l'Histoire des Croisades de M. Michaud.

l'autorité t'appartient », et Bibars fut aussitôt proclamé sous le titre de Malek-daher, ou roi triomphateur. Il avait eu d'abord l'intention de prendre celui de Malek-kaher, ou roi terrible; mais on lui fit observer que ce titre ne serait pas de bon augure.

Dès que Bibars fut maitre des affaires, il s'occupa des deux grands objets qui illustrèrent son règne; la ruine des chrétiens de Syrie et l'abaissement des Tartares. Les Francs, à l'aide de la longue paix dont ils jouissaient depuis l'invasion du roi de France, et surtout à la faveur de la diversion des Tartares, avaient acquis un grand accroissement de forces. Le prince d'Antioche surtout avait étendu son autorité sur les terres musulmanes voisines d'Alep, et ne cessait de menacer tout le nord de la Syrie. De leur côté les Tartares , quoique plusieurs fois repoussés, n'étaient rien moins qu'abattus, et attendaient l'occasion favorable pour rentrer en Syrie.

Le sultan résolut d'abord de mettre l'Égypte à l'abri des invasions des Francs, et dans cette vue il fit fermer la bouche de la branche du Nil qui passe à Da-miette. On a déjà vu que cette ville, dans la même intention, avait été entièrement rasée. Le sultan voulut ôter tout moyen aux vaisseaux chrétiens de pénétrer dans le coeur du pays. Ce fait est ainsi raconté par Makrizi : « On enfonça des troncs d'arbres dans le lit du fleuve, à l'endroit où il se jette dans la mer, et il devint impossible aux gros navires de le remonter. Encore aujourd'hui, poursuit Makrizi, les gros bâtimens qui viennent par mer ne peuyent franchir le pasa

sage. On est obligé de décharger les marchandises sur des barques particulières nommées germes (1), qui les transportent à la nouvelle Daniette. Un gros bâ– timeni ne pourrait tenter le passage sans de grands dangers; la Damiette actuelle n'est pas à la même place que l'ancienne ; elle est plus éloignée de la mer (2). Elle commença par des cabanes de roseaux, et aujourd'hui elle est devenue une ville importante, commerçante, ornée de bains, de mosquées, de colléges,

en un mot une des plus belles villes de Dieu qui se puissent voir (3) ».

Ensuite Bibars s'occupa à se faire des alliés chez les chrétiens d'Occident, et à s'instruire

par
leur

moyen

pluriel جم

جروم

(1)

(2) Quelques écrivains , pour avoir ignoré ce fait, ont cru mal à propos que la distance qui existe entre la Damjette actuelle et la mer, provient en entier du limon que le Nil charrie chaque année dans la mer, et là-dessus ils se sont exagéré l'importance des alluvions. Voltaire avait déjà commis cette erreur dans la Philosophie de l'Histoire: M. le baron Cuvier l'a répétée. Voy. son discours préliminaire sur les Monumens fossiles , p. 87, ire édit.

(3) Si on en croyait Cardonne (Extraits des Chroniques arabes relatives à Saint-Louis, et publiés à la suite de la vie de Saint-Louis, par Joinville, édit. de 1769, p. 544, ) Bibářs, non content de ces précautions, aurait fait construire un pont, ou plutôt une chaussée de plus de trente lieues de long, depuis Kalioub, aux environs du Caire , jusqu'à Damiette, et cela afin de pouvoir, en tout tems, secourir ce ville même au moment du débordement du Nil, lorsque l'Égypte est submergée sous les eaux. Ce n'est pas le Bibars du tems des croisades qui fit construire cette chaussée , mais un autre Bibars, surnommé Djaschnéguir," lequel régnait en 908 de l'hégire , 1308 de J.-C. Voy. la description géographique et historique de l'Egypte, par Makrizi , tom. in, article des Chaussées, ou, comme il les appelle,

der

.جسور

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