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avec la plus grande fidélité, le texte arménien de cet important ouvrage. Le manuscrit donné par M. Zohrab, exécuté avec la plus scrupuleuse exactitude est un véritable fac similc représentant, ligne par ligne, page par page, le manuscrit original. M. Zohrab en a fait mention en ces termes, dans la préface de l'édition de Milan, p. xiij. Tertius codex denique Venetiis à Zohrabo diligenter manu propria eluboratus , tum Mediolanum ab eodem translatus, videlicet princeps hæc Eusebiani chronici editio procedit. Quoique très-moderne, ce manuscrit pourra être très-utile à un nouvel éditeur du texte arménien d'Eusébe , à cause des fautes nombreuses et des changemens volontaires qui ont été faits dans l'édition de ce texte donnée à Venise. Indépendamment des faules d'impression, on y remarque encore beaucoup d'altérations et d'infidélités volontaires, sur lesquelles le docteur Zohrab se propose de fixer l'attention des savans dans un ouvrage particulier.

J. S. M.

a quo

On publie sous le titre de la Chine, mæurs, usages, costumes, arts et métiers, peines civiles et militaires, cérémonies religieuses, monumens et paysages, etc., un recueil de dessins originaux du P. Castiglione , de quelques peintres chinois, de W. Alexandre, Chambers, Dadley, etc., reproduits par MM. Deveria, Régnier, Schaal, Schmit, Vidal, et autres artistes connus, avec

des notices explicatives et une introduction, par 1). B*** de Malpière. Cet ouvrage, dont S. A. R. Madame, duchesse de Berry, a daigné agréer la dédicace, formera 3 vol. grand in-4°; chaque vol sera composé de douze livraisons , quatorze au plus, et chaque livraison comprendra six lithographies, coloriées avec un grand soin, savoir : quatre figures, un groupe et un paysage ou un intérieur. Les cinq premières livraisons viennent d'être mises en vente. Nous cn rendrons compte dans un des prochains cahiers.

Prix de chaque livraison: 12 fr.

On souscrit chez Dondey-Dupré père et fils, libraires, rue Richelieu , n° 47 bis.

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Histoire des guerres des croisades, sous le règne de

Bibars, Sultan d'Égypte , d'après les auteurs arabes

par

M. REINAUD.

(Suite. )

§ XCII. Suite des conquêtes de Bibars. Suite de l'année

664 de l'hég., 1265 de J.-C. Bibars s'occupa ensuite de tirer vengeance du roi de la petite Arménie, qui , en toute occasion, s'était montré l'ennemi acharné de l'islamisme. Ce roi se nommait Haitom, et entretenait des intelligences avec les Tartares, qui menaçaient sans cesse d'envahir la Syrie. On lit dans la chronique arabe d'Aboulfarage, que

le sultan, dans l'intention de lier avec lui des relations d'amitié, lui avait proposé de laisser leurs sujets respectifs communiquer ensemble, de permettre que les Égyptiens allassent acheter en Arménie des chevaux, des mulets, du fer, du froment, de l'orge, et aux Arméniens de se pourvoir en Égypte de ce qui leur manquait, et que Haitom s'y était refusé. Ce roi. n'avait

pas voulu non plus se soumettre à un tribut annuel. Bibars résolut d’employer la force, et, dans cette vue, il envoya une armée en Arménie, sous la conduite du prince de Hamah. Tome XI.

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Makrizi rapporte que les Musulmans furent partout victorieux. Dans un combat qui y eut lieu, le fils du roi d'Arménie fut fait prisonnier, son frère fut tué ainsi qu'un de ses oncles : tout le reste fut mis en déroute. Toute l'Arménie fut mise à feu et à sang : les hommes furent massacrés, les femmes réduites en servitude; la ville de Sis, capitale du royaume, fut livrée aux flammes; un des châteaux du pays, qui appartenait aux Templiers, alors tout puissans en Arménie, fut également brûlé : l'armée reprit ensuite le chemin de la Syrie. Le butin était si considérable, qu’un boeuf , à deux pièces d'argent, ne trouvait pas d'acheteur. A la nouvelle de ces succès, le sultan, qui s'était arrété à Damas, s'avança à la rencontre des troupes. Il abandonna aux soldats, pour les récompenser, sa part du butin, et accorda des gratifications à tous ceux qui avaient fait preuve de bravoure. Bibars était en chemin

pour devant de l'armée, il apprit à son passage à Kara, que les chrétiens de cette ville faisaient métier de brigandage, et enlevaient les Musulmans sur les routes pour les vendre aux Francs (1). Aussitôt il fit cerner la ville,

Pendant que

aller au

(1) Le continuateur d'Élmacin cite le trait suivant : « Un muletier

égyptien étant tombé malade dans les environs de Kara, fut invité par » deux hommes de la ville à aller loger chez eux. Le muletier se laissa » persuader; on eut les plus grands soins pour lui. Quand il fut guéri, » les deux bommes s'offrirent à l'accompagner. On se mit en route ; » mais dès qu'ils furent seuls, ils se jetėrent sur lui , le garottèrent et » allèrent le vendre aux chrétiens du château des Curdes. Il y fut retenu » jusqu'à ce qu'enfin des marchands de Damas, étant venus à passer par » cette ville, le rachetèrent et le mirent en liberté. » (Ceci se rapporte

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ft massacrer les hommes en état de porter les armes ;
il n'épargna que les enfans en bas âge, lesquels, au
rapport d’Abou’lféda, furent emmenés en Égypte et
élevés parmi les mameloucs-turcs : les uns devinrent
émirs dans la suite, les autres servirent comme simples
soldats,

An 665 ( 1266). Rien ne montre mieux l'enthou-
siasme qui animait alors les Musulmans, que certaines
mesures qui étaient jusque-là sans exemple. Makrizi
rapporte que cette année, Bibars imagina de faire
payer à tous ses sujets une taxe particulière destinée
aux frais de la guerre sacrée ; c'était une espèce de
dime sur les bestiaux, les grains, etc. On en fit la
perception dans toute l'Égypte, dans les îles de la
mer Rouge qui en dépendaient, et jusqu'en Arabie;
en vain l'émir de Médine essaya d'abord de s'y sous-
traire, on l'obligea de faire comme les autres : Ma-
krizi appelle cette contribution les droits de Dicu.

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probablement à la fondation picuse établie à Damas pour la rédemption
des captifs musulmans. Voy. ci-dessus p. 24) « Le muletier se rendit
» aussitôt à la ville musulmane la plus voisine de Kara , et raconta ce
» qui lui était arrivé. Sur ces entrefaites le Sultan vistå

passer; on lui
» raconta la chose; ce prince se fit amener aussitôt les deux hommes
» en question. Ils nièrent d'abord avoir jamais vu le muletier ; mais
» celui-ci ayant offert de faire la description de leur maison, ils furent
» forcés d'avouer leur crime. On reconnut que les habitans de Kara se
» livraient presque tous au brigandage, et qu'ils s'en étaient fait une
espèce d'industrie. Alors le Sultan les rassembla tous en un même

lieu, et leur fit couper la tête. La ville fut saccagée et l'église convertie » en mosquée. Le Sultan y établit une colonie de Turcomans qui de» vaient y élever des bestiaux, et se livrer aux paisibles travaux de » l'agriculiure. »

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Sur ces entrefaites, onze cents guerriers d'Occident qui avaient débarqué dans Acre, ayant essayé de faire une incursion du côté de Tibériade, furent surpris par

les Musulmans , et mis en fuite. Un très-grand nombre périt dans le combat; le reste se sauva dans Acre. Le sultan fit récompenser tous ceux qui s'étaient distingués, et rendit grâces à Dieu de ce succès.

Ensuite Bibars se voyant de nouveau menacé par les Tartares, résolut de faire de Sefed le boulevart de toute la Syrie. Dans cette vue, suivant Makrizi, il se rendit auprès de cette forteresse et en fit augmenter les fortifications: les fossés reçurent plus de profondeur; il s'en réserva lui-même une partie et y travailla de ses propres mains. Cet exemple fut suivi par ses émirs; tous rivalisaient de zèle et d'ardeur. Sur ces entrefaites, les chrétiens d’Acre, pour détourner le sultan de ces travaux , lui firent faire des propositions de paix. Il était alors très-irrité contre eux, à cause de quelques courses qu'ils avaient faites sur ses terres. Là-dessus, sans leur rien répondre, il monta à cheval avec une partie de son armée, et arrivant à l'improviste sous les murs d'Acre, il y mit tout à feu et à sang; tous les hommes qui tombèrent entre ses mains furent égorgés; de tout côté les soldats lui

apportaient des têtes pour toucher la récompense promise : le lendemain il revint à Sefed. C'est là

que

les députés du roi de la petite Arménie, qui demandait la paix, vinrent le trouver. Ils purent voir de leurs yeux , suivant la remarque de Makrizi, les têtes des morts plantées au haut des piques, et le massacre de

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