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a sa signature En la di qualité ; En temoin de quoy nous avons signeé et fait Contresigner ces presentes par notre secretaire et a Icelles fait apposer le Cachet de nos armes, fait en nôtre hotel a Quebec Le por Aoust, mil sept cent Cinquante.

BIGOT

PAR MONSEIGNEUR Cachet)

DESCHENAUX." Endorsed. “Envoyé par MBigot Intend: du Canada avec sa lettre au M!. de Puyzieulx du 10 aoust 1750. No 25, 1723."

CHAPTERS XIX., XX., XXI. THE SIEGE OF LOUISBOURG AS DESCRIBED

BY FRENCH WITNESSES.

Lettre d'un Habitant de Louisbourg contenant une Rela

tion exacte et circonstanciée de la Prise de l'Isle Royale par les Anglois. À Québec, chez Guillaume le Sincère, à lImage de la Vérité. MDCCXLV. [Extraits. ]

[Literatim.] “... Le mauvais succès dont cette entreprise (against Annapolis) a été suivie, est envisagé, avec raison, comme la cause de notre perte. Les Anglois ne nous auroient peut-être point inquietés, si nous n'eussions été les premiers à les insulter. Notre qualité d'aggresseurs nous a été funeste; je l'ai oui conter à plus d'un ennemi, & je n'y vois que trop d'apparence. Les habitans de la nouvelle Angleterre étoient interressés à vivre en paix avec nous. Ils l'eussent sans doute fait, si nous ne nous étions point avisés mal à propos de les tirer de cette sécurité où ils etoient à notre égard. Ils comptoient que de part & d'autre, on ne prendroit aucun parti dans cette cruelle guerre qui a mis l'Europe en fou, et que nous nous tiendrions comme eux sur la seule défensive. La prudence le dictoit; mais elle n'est pas toujours la régle des actions des hommes: nous l'avons plus éprouvé que qui que ce soit. ...

"... L'expedition de l'Acadie manquée, quoiqu'il y eût tout à parier qu'il reuissiroit par le peu de forces que les ennemis avoient pour nous résister, leur fit faire de serieuses réflexions sur notre crainte, ou notre faiblesse. Selon tous les apparences, ils en conclurent qu'ils devoient profiter d'une aussi favorable circonstance, puisque dès-lors ils travaillerent avec ardeur à l'armement qui leur était necessaire. Ils ne firent pas comme nous: ils se prêterent un secours mutuel: on arma dans tous leurs Ports, depuis l'Acadie jusqu'au bas de la Côte: on dépêcha en Angleterre, & on envoya, dit on, jusqu'à la Jamaïque afin d'en tirer tous les secours qu'il seroit possible. Cette entreprise fut concertée avec prudence, et l'on travailla tout l'hiver pour être prêt au premier beau tems.

“Les préparatifs n'en pouvaient être si secrets, qu'il n'en transpirât quelque chose. Nous en avions été informés dès les premiers instans, & assez à tems pour en pouvoir donner avis à la Cour. ....

"Nous eumes tout l'hiver à nous, c'était plus qu'il n'en falloit pour nous mettre en état de défense; mais la terreur s'étoit emparée des esprits: on tenait des conseils, dont le résultat n'avoit rien que de bizarre et de puérile ; cependant le tems s'écoulait, nous perdions de precieux momens en dé liberations inutiles, & en résolutions presque aussitôt détruites que prises. Quelques ouvrages demandoient qu'on les parachevåt: il en falloit renforcer quelques-uns, auge

menter quelques autres, pourvoir à des postes, visiter tous ceux de l'Isle, voir où la descente étoit plus facile, faire le denombrement des personnes en état de porter les armes, assigner à chacun son poste; enfin se donner tous les soins et les mouvemens ordinaires en pareil cas; rien de tout cela ne se faisoit; de sorte que nous avons été surpris, comme si l'ennemi fût venu fondre sur nous à l'improviste. Nous aurions eu même assez de tems pour nous precautionner mieux qu'on ne l'a fait, depuis le jour où nous vimes paroître les premiers Navires qui nous ont bloqués; car ils n'y sont venues que les uns après les autres, ainsi que je le dirai dans la suite. La négligence & la déraison avoient conjuré la perte de notre malheureuse Isle. . . . " Ce fut le quatorze [Mars], que nous vimes les premiers Navires ennemis; ils n'étoient encore que deux, & nous les primes d'abord pour des Vaisseaux François; mais nous fumes bien tôt détrompés par leur manœuvre. Le nombre en augmentoit de jour à autre, il en arriva jusqu'à la fin de Mai. Ils croiserent long-tems, sans rien tenter. Le rendezvous général étoit devant notre Isle, où ils arrivoient de tous côtez; car on avoit armé à l'Acadie, Plaisance, Baston, & dans toute l'Amerique Anglaise. Les secours d'Europe ne vinrent qu'en Juin. C'étoit moins une entreprise formée par la Nation ou par le Roi, que par les seuls habitans de la nouvelle Angleterre. Ces peuples singuliers ont des Lois & une Police qui leur sont particulières, & leur Gouverneur tranche du Souverain. Cela est si vrai, que, quoiqu'il y eût guerre déclarée entre les deux Couronnes, il nous la déclara lui de son chef & en son nom, comme s'il avoit fallu qu'il eût autorisé son maître. Sa declaration portoit, qu'il nous déclaroit la guerre pour lui, & pour tous ses amis & alliés; il entendoit parler apparemment des Sauvages qui leur sont soumis, qu'on appelle Indiens, & que l'on distingue des Sauvages qui obéissent à la France. On verra que l'Amiral Warren n'avoit rien à commander aux troupes envoyées par le Gouverneur de Baston, & que cet Amiral n'a été que Spectateur, quoique ce soit à lui que nous nous soyons rendus. Il nous en avoit fait solliciter. Ce qui marque bien l'independance qu'il y avoit entre l'armée de terre & celle de mer que l'on nous a toujours distinguées comme si elles eussent été de differentes Nations. Quelle Monarchie s'est jamais gouvernée de la sorte ? " La plus grande partie des Bâtimens de transport étant arrivés dans le commencement de Mai, nous les apperçûmes le onze en ordre de bataille, au nombre de quatre-vingt seize venant du côté de Canceaux & dirigeant leur route vers la Pointe plate de la Baye de Gabarus. Nous ne doutames plus qu'ils n'y fissent leur descente. C'est alors qu'on vit la nécessité des precautions que nous aurions dû prendre. On y envoya à la hâte un détachement de cent hommes, tirés de la garnison & des Milices, sous le commandement du sieur Morpain, Capitaine de Port. Mais que pouvait un aussi faible corps, contre la multitude que les ennemis debarquoient ! Cela n'aboutit qu'à faire tuer une partie des nôtres. Le sieur Morpain trouva déjà près de deux milles hommes débarqués; il en tua quelques-uns & se retira. " L'Ennemi s'empare de toute la campagne, & un détachement s'avance jusques auprès de la batterie Royale. Pour le coup, la frayeur nous saisit tous; on parla dès l'instant d'abandonner cette magnifique batterie, qui auroit été notre plus grande défense, si l'on eût sçu en faire usage. On tint tumultuairement divers Conseils là-dessus. Il seroit bien difficile de dire les raisons qui portoient à un aussi étrange procédé; si ce n'est une terreur panique, que ne nous a plus quitté de tout le Siège. Il n'y avoit pas eu encore un seul coup de fusil tiré sur cette batterie, que les ennemis ne pouvoient prendre qu'en faisant leurs approches comme pour la Ville, & l'assiégeant, pour ainsi dire, dans

les régles. On en a dit sourdement une raison sur laquelle je ne suis point en état de décider; je l'ai pourtant entendu assurer par une personne qui était dans la batterie; mais mon poste étant en Ville, il y avoit long-tems que je n'étois allé à la batterie Royale: C'est que ce qui détermina à un abandon si criminel, est qu'il y avoit deux brêches qui n'avoient point été réparées. Si cela est, le crime est encore plus grand, parce que nous avions eu plus de loisir qu'il n'en falloit, pour mettre ordre à tout.

"Quoiqu'il en soit, la résolution fut prise de renoncer à ce puissant boulevard, malgré les représentations de quelques gens sages, qui gémissoient de voir commettre une si lourde faute. Ils ne purent se faire écouter. Inutilement remontrèrent-ils que ce seroit témoigner notre foiblesse aux ennemis, qui ne manqueroient point de profiter d'une aussi grande étourderie, & qui tourneroient cette même batterie contre nous; que pour faire bonne contenance & ne point réchauffer le courage à l'ennemi, en lui donnant dès le premier jour, une si grande espérance de réussir, il falloit se maintenir dans ce poste important le plus que l'on pourroit: qu'il étoit évident qu'on s'y conserveroit plus de quinze jours, & que ce délai pouvoit être employé à retirer tous les canons dans la Ville. On répondit que le Conseil l'avoit résolu autrement; ainsi donc par ordre du Conseil, on abandonna le 13 sans avoir essuyé le moindre feu, une batterie de trente pièces de canon, qui avoit couté au Roi des sommes immenses. Cet abandon se fit avec tant de précipitation, qu'on ne se donna pas le temps d'encloüer les canons de la manière que cela se pratique; aussi les ennemis s'en servirent-ils dès le lendemain. Cependant on se flatoit du contraire ; je fus sur le point de gager qu'ils ne tarderoient guères à nous en battre. On étoit si peu à soi, qu'avant de se retirer de la batterie, le feu prit à un baril de poudre, qui pensa faire sauter plusieurs personnes, & brûla la robe

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