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Après avoir rangé dans l'ordre qui nous a paru le plus convenable, les notions que contiennent, sur ces peuples demi-barbares, les ouvrages arabes, persans et turcs, que nous avons pu examiner, il nous a semblé que, pour rendre plus fidèlement les narrations souvent naïves et négligées de ces anciens auteurs, il valait mieux les présenter sous la forme d'un voyage. Nous avons supposé qu'un légat du khaliphe, envoyé en 336 (948), au roi des Boulgares du Volga, vassal du chef des croyants, raconte ce qu'il a vu dans les pays qu'il a traversés, et ce qu'il y a ouï dire sur les peuples qui habitaient les contrées du nord. Cette forme de narration nous a permis de conserver les expressions de nos auteurs, et nous nous sommes bornés à coordonner les textes selon les matières, n'ajoutant que quelques mots nécessaires pour leur liaison.

On devrait peut-être appliquer à ces écri. vains mahométans le reproche que Strabon fait aux auteurs grecs et latins qui ont parlé des peuples du nord. Il blâme leur crédulité ou plutôt leur penchant à publier des fables. « Voyant, dit-il, les succès obtenus par ceux

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« qui faisaient profession d'écrire des contes, « ils voulurent plaire aussi, en narrant comme « vraies des choses qu'ils n'avaient ni vues, « ni entendues, non du moins de la bouche « de ceux qui pouvaient les bien connaître, « n'ayant d'autre but que celui d'amuser et « d'étonner par le merveilleux. » (Lib. XI, cap. 6.)

Nous allons donner une analyse succincte des ouvrages manuscrits, cités dans les notes marginales, qui nous ont fourni des matériaux pour ce voyage..

I. MOUROUDJ UZ - ZÉHÉB MA’ADIN - ILDJEVHÉRI, Prairies d'or et mines de pierreries, par l'imam Aboul-Hassan Ali, historien, théologien et jurisconsulte, célèbre sous le nom d'El-Massoudi, Spargell, parce qu'il descendait, à la huitième génération, de Mass’oud, l'un des compagnons de Mahomet. Cet ouvrage, qui fut commencé dans l'année 332 de l'hégire (943-4), et achevé en 336 (947-8), se compose de cent trente chapitres , dont les soixante-sept premiers traitent de l'histoire ancienne, sacrée et profane, de l'histoire de

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1.

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Djevnéni, jos hijoles, wasili zamo, ou

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court le firmament, et eu l'honneur de converser avec les souverains de ces régions si distantes.

Après avoir indiqué les titres de plusieurs autres ouvrages de sa composition sur des matières théologiques et métaphysiques, il cite une cinquantaine d'auteurs arabes dont il a compulsé les écrits, et annonce que ses Mines de Pierres précieuses contiennent un précis de ce que renferment ses autres ouvrages d'histoire et de géographie; qu'elles forment un recueil de ce que l'homme instruit doit savoir, de ce qu'il serait même inexcusable d'ignorer : « Car il n'y a , dit-il, au« cune branche des sciences, aucune par« tie des traditions et de l'histoire qui n'y « soient traitées, soit avec étendue, soit en « abrégé. » Il finit par lancer des imprécations contre quiconque s'avisera d'altérer son ouvrage : « Que celui , dit-il, qui changera « quelque chose au sens de ce livre, qui en« lèvera une colonne de son édifice, qui arra« chera un de ses jalons indicateurs, qui « voilera ce qui y est clair, qui en omettra ou « qui y substituera , qui l'extraira ou qui « l’abrégera, ou enfin qui l'attribuera à un

« autre que nous, soit frappé de la colère « divine; qu'il essuye un prompt châtiment; « qu'il éprouve des maux qui épuisent sa « patience et troublent sa raison; que Dieu « en fasse un exemple aux savants, un aver« tissement pour les hommes de lettres, et « lui ôte tout ce qu'il lui a donné; de quelque « nation, de quelque religion qu'il soit, « puisse-t-il perdre les bienfaits qu'il a re« çus du Créateur tout-puissant de la terre « et des cieux. J'ai placé, ajoute-t-il, cet « épouvantail au commencement et à la fin « de ce livre, pour retenir celui qui serait « entraîné par son mauvais destin , afin qu'il « craigne Dieu, son seigneur, et qu'il songe « à l'époque de sa transformation; car le dé« lai est bref, et le moment approche où il a faudra retourner à Dieu, »

Il existe à la Bibliothèque royale de Paris trois exemplaires manuscrits du Mouroudjuz-Zéhéb, dont l'un toutefois est tronqué. La Bibliothèque de l'université de Leyde en possède aussi trois copies, mais toutes incomplètes. L'une contient les trente-deux premiers chapitres de l'ouvrage ; une seconde en donne seulement les vingt-neuf premiers, et l'on n'a dans la troisième que les quatrevingt-dix derniers. Nous avons soigneusement comparé, pour les chapitres extraits , les textes de tous ces manuscrits.

On trouve dans la Bibliothèque de Paris un autre traité cosmographique de Mass'oudi, sous le titre de Kitab et-tenbih el

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,كتاب التنبيه و الاشراف qu ' on

peut traduire par Livre de Mémoire. Il le donne pour un abrégé de ses autres ouvrages; c'est probablement le dernier de ceux qu'il composa. L'auteur nous apprend qu'il l'a. cheva à Foustatt en Égypte dans l'année 345 (956-7.)

II. KITAB EL-MÉSSALIK VÉ EL-MÉMALIK , sohall, Old Glos, ou Livre des Itinéraires et des Provinces, par l'imam Aboul-Cassim Mohammed el Haoucali (manuscrit arabe de la Bibliothèque de Leyde). C'est une description des pays mahométans, où l'auteur ne suit pas, comme la plupart des géographes de sa nation, la méthode de diviser la terre par climats, ou par zones parallèles, qui a l'inconvénient de confondre les matières. Il traite, en commençant par

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