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, Voilà donc l’élève en état d’attaquer solide,» ment un dièse ou un bémol à quelque note de

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Ïd’élever la voix ou de l’abaisser de moins que demi-tort, sans lui assigner de combien moins. Mais quand on pourrait le lui assigner, et lui dire que c’est, par exemple, d’un dixième de ton de moins, comment voudrait—on qu’il divisât de la voix cet intervalle pour compter de telles difi'érences? Se retrancherait-on sur 1’?! peu près? Mais cette matière n’en souffre point, et l’a peu près d’ailleurs n’a pas de bornes. Or, ce serait bien pis si, comme quelques-uns qui ne se piquent pas de tant d’exactitude et qui ne font pas distinguer le demi-ton en majeur et mineur, on lui disait de faire le demi-ton juste. Voilà certainement ce qu’il ne ferait jamais , ni le maître avec lui. .

' Mais , pour ne parler que. de la première hypothèse, c’est une chose singulière que les maîtres y veuillent fonder l’idée du dièse et du bémol sur celle supposée acquise du demi—ton mineur qui, au contraire, est subordonnée et postérieure à celle-là. Par exemple , pour enseigner lefa dièse , ils font prendre lefa à l’élève, et lui disent de s’élever de demi-ton..... Ignorent-ils donc que lefa dièse ne saurait se prendrepar coinparaison au fa, que ce n’est pas ainsi qu’ils le pren— nent eux-mêmes , que c’est bien au contraire par comparaison au sol, fondés sur l’idée bien établie du demi— ton majeur (seconde mineure); que, pour y réussir, ils s’efforcent d’oublier l’impression de ce fa, loin delu_i

l’échelle qu’on le lui demande. Mais ce qui est bien remarquable , c’est que , comme il les attar

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comparer lcfa dièse; qu’enfin, il est impossible de faire de la voir une batterie sur ces deux notesfafad, preuve incontestable qu’elles ne se comparent point? Il en faut dire autant du si bémol.

" Que conclure de tout cela , sinon qu’on n’a pas dé— couvert jusqu’ici la vraie génération du dièse et du. bémol , puisqu’elle est restée enveloppée sous d’obscures ou de fausses définitions? Malheureusement les savans qui ont traité de la musique s’étant trop livrés à la spéculation, trop peu a la pratique de cet art, n’ont pu remonter jusqu’à la source de cette idée: d’Alembert, dans le livre qu’il a laissé sous le titre im— propre d’Elëmens de musique, ne paraît pas avoir connu cette génération; Rousseau même n’avait pas d’idée arrêtée sur ce point, car on le voit s’y contredire en plusieurs endroits de son dictionnaire; et c’est faute de cette connaissance, que nos auteurs d’aconstique ont Publié des systèmes erronés en théorie comme en pratique , et que les Pythagoriciens anciens et modernes , se_livrant a de puresspéculaüons de nombres , ont attribué au calcul une puissance qu’il n’a point: par exemple, celle de démontre! que les intervalles de la gamme, appelés tous, soient inégaux’; que le mi, venu de la progression de ces quatre quintes consécutives ut sol re’ la mi, ne fasse pas tierce juste avec l’ut; que le 35dièse , venu de la progression de douzelqninte‘s

"que par deux principes difi’érens, et qu’il e11 éprouve aussi deux impressions différentes, il n’imaginera pas de les confondre l’un avec l’autre , je veux dire, par exemple, le sol dièse avec le la bémol, ou le re' dièse aVec le mi bé-' mol, etc. Ce n’est pas qu’à la vérité il puisse dire lequel des deux est plus haut que l’autre, car la voix seule est in5ufiisante pour s’assurer

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consécutives , soit plus haut que l’a! voisin auquel, dit-on , il devrait être égal ; et autres pareilles erreurs‘

on a cherché de tout temps à déterminer en nombres leirapport des longueurs de cordes qui produisent les sons de la gamme, et nous avons une infinité de calculs à ce sujet, qui sont malheureusement contre» dictoires entr’eux et avec la pratique; mais il est éton— nant qu’on n’ait jamais cherché à exprimer de cette manière le rapport des intervalles mêmes qui existent entre ces sons , quoique ceci ait une liaison bien plus directe avec l’art. Il semble , en effet, que , dès qu’on eût reconnu deux espèces de semi-tons , la première chose à faire était de les comparer entr’eux, poursavoir si l’un n’était pas , par exemple , le double ou le triple de l’autre; cependant c’est encore une découverte à faire. J’ai de fortes raisons de croire que ce rapport est tel que de 2 à 3, et je pourrais appuyer cette assertion d’une expérience directe qui soutient très‘bien l’épreuve du calcul; mais il n’entre pas dans mon sujet de la faire connaître à présent. ,1

de ce point, puisqu’il faudrait pouvoir expri— nuer ces deux sons consécutivement pour-les comparer, et que chacun sait que la chose est rigoureusement impossible. Mais il est bien convaincu qu’ils diffèrent entr’eux , et qu’un compositeur ne se permettrait pas d’écrire l’un à la place de l’autre : voilà le point essentiel. Cependant je peux bien lui dire par anticipation '(et je peux aussi m’en dispenser, n’ayant rien déduire de ce principe), que le re' dièse est avant le bémol dans l’ordreascendant de la gamme, le sol dièse avant le la bémol, etc.; me - réservant de le lui démontrer par une expérience - particulière à»la fin de son cours.\

Des deux espèc‘es d’intermlles.

L’élève ne sait pas encore, du moins bien positivement, que les intervalles se distinguent en majeurs et mineurs, qu’il y a des tons et des demi—tons dans la gamme. Il n’a fait tout au plus que l’entrevoir. Cependant il possède une quan— tité de faits qui, s’ils étaient; rapprochés, le meneraient directement à ces conséquences; et, chose bien remarquable, quand il interËrompraitici ses leçons, il pourrait de lui

‘ même sepousser en avant jusqu’à un certain ‘ point. C’est le mouvement imprimé à un corps

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